VISITES
En accueillant en 1896 Mac-Mahon, président de la République française, Henri Schneider inaugura le temps des visites officielles aux usines du Creusot.
Vont se succéder d’exotiques représentations d’empires lointains (de Chine, du Japon, du Laos, de Perse), des rois, des princes et des présidents de républiques...
Les hôtes de marque sont accueillis au château de la Verrerie comme le seront lors de leur passage au Creusot les présidents de la République française : Charles de Gaulle en 1959 et François Mitterrand en 1987.
Voir : Caroline MATHIEU, « Visites officielles et rencontres exotiques au Creusot », in : Les Schneider, Le Creusot : une famille, un entreprise, une ville (1836-1960), catalogue de l’exposition réalisée par le musée d’Orsay et l’écomusée du Creusot - Montceau-les-Mines, Paris, Fayard, Édition de la Réunion des musées nationaux, 1995, p. 168-175.
TRAVAUX
Eugène (II) Schneider, gérant des établissements du Creusot depuis la mort de son père en 1898, fait entreprendre au début du XXe siècle d’importants travaux de réaménagement et d’embellissement. Dans les années 1860, l’ancienne manufacture avait été adaptée à son nouvel usage de résidence. Le corps central avait été rehaussé d’un étage attique et décoré en façade de bossages, la toiture en tuiles avait été reprise en ardoises et la halle des fours Ouest transformée en temple protestant.
À la fin du XIXe siècle, le château de la Verrerie est aussi un lieu d’accueil des hôtes de marque et des clients importants de l’usine. Pour que les visites officielles se déroulent dans un cadre prestigieux, Eugène (II) Schneider décide d’un important programme de travaux. Il choisit Ernest Sanson, architecte des grandes familles aristocratiques de l’époque et, pour le parc, il fait appel aux renommés paysagistes Henri et Achille Duchêne.
Pour que la résidence de la Verrerie devienne un véritable château digne des rois et des princes qui, dès 1905, y sont accueillis, sont démolies les anciennes écoles qui fermaient au nord l’ensemble du site, sont repris les décors des façades, les aménagements interieurs, le dessin de la cour, de l’avant-cour où sont édifiés de nouveaux pavillons (garage, écuries).
Les travaux sont exécutés de 1905 à 1911. L’ensemble est inspiré de l’architecture du XVIIIe siècle, évoquant ainsi la manufacture de la reine Marie-Antoinette dont les armes figurent sur le fronton central alors que l’aigle d’Autriche orne la coupole du théâtre, décoré par Fels.
À l’intérieur, Fels réalise également les peintures de la salle à manger qui présentent les manufactures du Creusot au XVIIIe siècle, sous le nom de Le Verre, Le Fer, La Mine et La Charpente. Deux autres panneaux, nommés La Guerre et La Marine, désignent les deux ailes du château ornées sur leurs frontons, l’une de canons, l’autre d’ancres.
À l’opposé du parc, la cour et l’avant-cour sont volontairement traitées de manière minérale - graviers et pavés -, et décorés de rangs d’affuts de canons en bronze.
Voir : Gérard ROUSSET-CHARNY, « Ernest Sanson et Eugène II Schneider : un architecte et son commanditaire »,in : Les Schneider, Le Creusot : une famille, un entreprise, une ville (1836-1960), catalogue de l’exposition réalisée par le musée d’Orsay et l’écomusée du Creusot - Montceau-les-Mines, Paris, Fayard, Édition de la Réunion des musées nationaux, 1995, p. 94-107.
LE PARC
Au temps de la cristallerie, existent déjà sur les terrains au Sud de l’entrée principale, des jardins potagers pour les ouvriers et un petit jardin d’agrément pour la Direction
En 1836, lorsqu’Adolphe Schneider propose à Baccarat le rachat de la Verrerie, il exprime, considérant sa bonne situation et l’existence des jardins, le souhait d’en faire une maison d’habitation.
Le plan de 1847 représente toujours des jardins potagers et un parc de dimensions modestes aux allées sinueuses. L’emprise de ce jardin d’agrément s’étend jusqu’à atteindre vers 1865 sa surface actuelle. Il est alors clos de murs, bordé à l’Est par les ateliers des laminoirs et l’étang de la forge, au Sud par une promenade plantée d’arbres et par le cimetière Saint-Laurent. À l’Ouest, de hauts murs et des rideaux d’arbres l’isolent des quartiers d’habitations.
En 1894, de nouvelles extensions industrielles, bureaux de la Direction et ateliers des Bandages, sont édifiées sur des parcelles prises sur le parc. Un des équipements industriels nécessite une construction en hauteur. Parce qu’elle est visible depuis les terrasses du château, elle prendra la forme d’une tour médiévale.
En 1913, le parc atteint son étendue maximale en englobant la promenade du Midi et l’espace compris entre le cimetière et la cité ouvrière de la Villedieu. Sur ces terrains, seront édifiés en 1960 à l’initiative de Charles Schneider les H.L.M. dits « du parc ».
Dans sa forme actuelle, le parc de la Verrerie est dû aux paysagistes Henri Duchêne et, après sa mort survenue en 1901, à son fils Achille qui lui succède .
Les travaux sont exécutés de 1904 à 1908. Les reliefs des terrains sont profondément modifiés, d’importants décaissements sont réalisés pour embellir les terrasses avec parterres, l’un de broderies, l’autre de pelouses avec statues.
Sur plus de quarante hectares, le parc comprend : étang, pelouses, bosquets avec de nombreux arbres exotiques, serres, bergerie, et une ferme où quelques vaches fournissent le lait à la résidence. Après le rachat par la ville du Creusot, en décembre 1969, cet espace est ouvert au public. Sont construits sur la partie Sud une piscine et la « Maison des jeunes », et y sont organisées de nombreuses manifestations.