Jusqu’au XVIIe siècle est appelé cristal un verre si transparent qu’il évoque le cristal de roche. Le cristal ou verre au plomb est inventé en Angleterre. En 1615, le roi Jacques Ier réservant le bois aux constructions navales en interdit aux verriers l’usage comme combustible dans leurs fours.
Avec le charbon de terre ils ne peuvent obtenir la même transparence sans fermer les creusets et ajouter de l’oxyde de plomb. Ils fabriquent ainsi un verre plus pesant qui se prête à la taille, laquelle en multiplie les reflets.
la mode du cristal gagne la France où les premiers essais sont réalisés à partir des années 1770 dans des verreries traditionnelles à Chaumont-sur-Loire et Villeneuve-Saint-Georges.

Verriers (peinture de la salle à manger du château de la Verrerie par Feltz vers 1910)
Cristaux Creusot ou Montcenis
Il existe très peu de pièces authentifiées comme des productions de la manufacture du Creusot ( qui porte jusqu’à sa fermeture le nom de cristallerie de Montcenis).
Les seuls catalogues connus à ce jour ne permettent pas d’être complètement affirmatif. En 1823 est même édité, sous la forme d’une liste de produits courants, un catalogue commun à Baccarat et Montcenis.
Le seul catalogue que l’on peut estimer de 1830 ne présente que des formes et des mentions de tailles. À cette date les principales cristalleries françaises ont des productions similaires correspondant au goût et aux modes du moment.
Cristaux d’opale
Les cristaux d’opale ou opalines sont des objets en verre ou cristal coloré plus ou moins opaques. Les couleurs s’obtiennent par addition de sels d’oxyde métallique (le sulfure d’antimoine pour le jaune, les sels d’or pour le rose, l’oxyde de magnésium pour le violet, l’oxyde de cuivre ou de cobalt pour le bleu)
"En l’absence de catalogue d’opalines il est cependant permis d’attribuer à la cristallerie du Creusot un certain nombre de pièces présentant entre elles des analogies de de matière, de coloration et de poids. Par ailleurs on remarque la disparition de certaines nuances d’opaline au moment de la fermeture de la cristallerie du Creusot"
Y Amic, "L’opaline française au XIXe siècle" paris, Librairie Gründ, 1952.