Accueil > des patrimoines > l’architecture industrielle > l’habitat ouvrier
  • habitat ouvrier

    LE CREUSOT

    Les casernes : 1780-1850

    La première solution apportée au problème du logement du plus grand nombre d’ouvriers de la Fonderie royale et de la cristallerie fut la caserne : bâtiment en longueur à deux ou trois niveaux. Les logements, alors d’une pièce, étaient desservis par des couloirs et des escaliers communs. La dernière réalisation de ce type a été construite vers 1845 par Schneider et Cie :
    ce bâtiment dit « des Mécaniciens », long de 100 m, regroupait 130 logements sur quatre niveaux. Bien que cette solution présentât l’avantage d’être peu coûteuse et qu’elle permît une surveillance aisée, elle fut abandonnée, car la caserne (ainsi que tout immeuble comportant des espaces collectifs où les ouvriers pouvaient se rencontrer, se réunir) était un « foyer d’immoralité » pour le paternalisme social. L’idéal à atteindre était la maison individuelle, propriété de l’ouvrier, qui permettait le développement de la vie familiale, le jardin potager ne jouant pas seulement un rôle économique.

    La combe des Mineurs (1826)

    La cité ouvrière de la Combe des mineurs a été construite vers 1826 à l’initiative de Manby et Wilson, propriétaires entre 1826 et 1833 des Forges mines et fonderies du Creusot. Sous la direction de ces industriels anglais, le développement industriel entraîne une très forte augmentation de la population : de 1300 habitants vers 1826 à 3100 vers 1830.
    Construite pour les personnels anglais de la nouvelle forge, la cité de la Combe des mineurs reproduit un modèle d’habitations ouvrières existant au Pays de Galles. Les bâtiments, adaptés à la pente du terrain dans le sens de la longueur, permettent, par leur implantation à flanc de coteau, d’avoir un accès de plain-pied à l’étage. L’entrée de chaque logement est ainsi directe. Témoignent aussi de l’origine anglaise : les dimensions, les ouvertures de fenêtres de forme carrée et, dans certains appentis, des châssis de lucarne pivotant verticalement. Les matériaux mis en œuvre sont ceux utilisés dans les constructions locales de l’époque ; les murs sont de briques enduites à la chaux, les charpentes en bois et les toitures en tuiles plates.
    Dans les 41 logements sont logés environ 230 habitants. Les statistiques de l’usine font mention, pour les années 1850, de 5 habitants en moyenne dans un logement de 23 mètres carrés.
    A partir des années 1880, la Combe des mineurs a connu quelques évolutions. La distribution intérieure est modifiée pour permettre l’agrandissement de certains logements. D’anciens appentis ont été détruits, d’autres transformés et de nouveaux construits. Vers 1913 pour modifier le tracé de la rue, l’extrémité du corps principal a été rognée d’une dizaine de mètres. Le lavoir aménagé en 1919, détruit lors du bombardement du Creusot de 1943, fut reconstruit en 1952.
    En 1980, faute d’entretien, la Combe des mineurs était devenue un ensemble d’habitations vétustes et sans confort. Sauvée de la destruction par l’écomusée et grâce à la municipalité du Creusot qui en permet le rachat, l’ancienne cité ouvrière est alors inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques et réhabilitée par l’O.P.A.C de Saône-et-Loire.

    La cité des Pompiers (1860)

    La Combe des Mineurs présente la caractéristique spatiale la plus importante de la maison individuelle : l’absence d’un espace collectif intérieur ou encore le passage direct de l’espace extérieur public au logement. Cette absence de couloirs ou d’escaliers communs se retrouve à la Cité des Pompiers, première cité construite par Schneider et Cie en 1860. Les douze maisons à un étage qui la composent, abritent chacune deux logements par niveau, chacun de ces logements possédant son accès (escaliers extérieurs en pignon pour les deux accès à l’étage).
    Ici l’alignement des maisons suit la courbe de la route qui les sépare des dépendances (clapiers, charbonniers) et jardins.

    La cité de la Villedieu (1865)

    Groupant 80 maisons, construites en 1865, l’ensemble (qui a été agrandi en 1872 de 25 unités) s’étend sur un plan orthogonal. Cette cité, la deuxième édifiée par Schneider, tend vers le modèle conforme à l’idéologie du paternalisme social et elle fut perçue comme telle (rapport de Simonin sur sa visite de l’Exposition universelle de 1867). Ce sont des maisons individuelles de deux pièces sur un seul niveau avec cuisine en appentis ; toutes sont rigoureusement identiques avec la même position dans des parcelles d’égale superficie. Ce type de cité sera repris en 1875 pour la cité Saint-Eugène,

    Entre 1850 et 1875 « l’usine » ne réalise que 8 % environ des logements au Creusot ; les cités ouvrières avaient probablement d’autres fonctions que d’alléger la demande de logements. Est-ce une coïncidence si la Villedieu et Saint-Eugène ont été réalisées à la veille des expositions universelles de 1867 et de 1875 où elles furent présentées ? De plus les critères d’attribution des logements, où intervenait la valeur de l’ouvrier à l’atelier, montrent que ces habitations locatives patronales étaient aussi une récompense sociale.

    La cité de la Mouillelongue (1919)

    En 1919, on voit apparaître avec la cité ouvrière de la Mouillelongue une nouvelle implantation de l’ensemble, sans doute inspirée des "cités-jardins". Les 42 maisons à quatre logements sur deux niveaux sont alignées en retrait des rues plantées d’arbres et le plan de la cité s’écarte de l’orthogonalité.

    Au niveau de la ville, construite autour de l’usine, « si MM. Schneider et Cie ont d’abord pris l’initiative des constructions, ils ont ralenti leur action dès qu’ils ont pu y substituer celles des particuliers » : l’abandon de la construction des casernes vers 1847 coïncide avec les premières ventes par l’usine de terrains à bâtir. De plus, l’usine a toujours essayé de favoriser l’épargne pour son personnel et dès 1850 elle incita à la construction par des crédits à court terme, qui ne constitueront jamais une longue immobilisation de capital pour l’entreprise. Après 1875, on verra grandir le rôle de la petite bourgeoisie locale d’origine commerçante, artisanale ou ouvrière.

  • Montceau-les-Mines

    À Montceau, les cités de mineurs construites par la Compagnie des Mines ont toujours été situées à proximité des puits d’extraction, souvent en rase campagne. Elles diffèrent de celles du Creusot par les types de maisons (plan H aux Alouettes en 1834, maisons à deux ou quatre logements sur deux niveaux au Bois du Verne en 1860) et par l’inclusion d’édifices publics (église, écoles) autour desquels s’organise la cité souvent implantée le long de chemins existants, même lors des agrandissements successifs.

    Ces ensembles ne sont pas seulement occupés par des ouvriers mineurs, mais aussi par des cadres et des employés, d’où la diversité à la fois des types de maisons et des formes d’implantation dans la cité. Seule la cité Bel Air (1860) sera conçue entièrement pour les employés ; elle est implantée non pas en fonction des puits mais du centre ville et des bureaux de la Mine, le modèle restant cependant celui de la cité ouvrière.

    Il faut noter qu’après le départ des Chagot, la Compagnie continue de bâtir de grandes cités, comme la Saule et La Lande où apparaissent de nouveaux modes de construction, tel le béton armé préfabriqué (1917). D’autres naîtront pour répondre à un afflux de mineurs du Nord (guerre 14-18) et d’immigrés polonais.

    Par ailleurs, les cités de l’entre-deux-guerres, plus vertes, suivent des plans nettement moins ordonnés ; elles répondent à un souci impératif de fournir des logements plutôt qu’à la préoccupation qui fut celle de la Compagnie des Mines, en particulier lors de la création des Cités du Bois Roulot et du Bois du Leu. À ce sujet, le texte d’Amédée Burat dans « Société des Houillères de Blanzy », publié en 1878, ne cache rien des intentions de la Compagnie qui « pour attacher ses ouvriers au sol houiller en excitant chez eux le sentiment de l’épargne et l’amour de la propriété, cède à ceux qui se distinguent par leur bonne conduite des parcelles de terrain... et leur fait en même temps des avances d’argent pour les aider à y construire leur habitation. L’ouvrier élevé à la condition de propriétaire devient économe et rangé ; il travaille avec courage, abandonne les cabarets ; à partir de ce jour-là la société a acquis un ami de l’ordre ! ».

  • expos virtuelles
  • info visites
  • découverte en famille
  • collections
  • service des Publics : A l’attention des enseignants, cliquez ici pour plus (...)
  • documentation
  • publications
  • liens
  • contacts
  • l’écomusée
  • un territoire
  • des patrimoines
    • la métallurgie
    • la mine
    • le canal
    • la céramique
    • la cristallerie
    • l’architecture industrielle
      • l’habitat ouvrier
      • les lieux de production
    carte / situation